7.

 

Elle ressentit une douleur au pied droit, sous les orteils. Elle avait pourtant marché prudemment mais, à cet endroit, le fond était couvert d’algues qui ressemblaient à de grandes et grosses herbes, brunes et écœurantes, oscillant au gré du courant. Comme des fleurs fanées.

Elle se tenait maintenant en équilibre sur une jambe, sur un petit espace de sable. Elle leva le pied droit et vit qu’il saignait, mais seulement un peu. Ce n’était pas la première fois cet été-là. Elle avait l’habitude. Elle entendit qu’ils l’appelaient du haut des rochers. Elle se jeta à l’eau, qui était plus chaude que jamais et formait comme une sorte de seconde peau, douce comme une caresse, autour de son corps.

— Anne !

Ils l’appelaient à nouveau. L’un d’eux brandit une bouteille mais elle ne distingua qu’une silhouette qui se découpait sur le soleil en train de se coucher, bien qu’il fût encore assez haut au-dessus de l’horizon. C’était peut-être Andy. Pour lui, la fête avait commencé quand ils étaient arrivés ici, ou peut-être sitôt montés dans le tramway, en ville.

— Anne ! Paaarty !

Elle voyait maintenant son large sourire et la bouteille qu’il brandissait. Party. Volontiers. Elle l’avait bien mérité, après ces trois années à Burgården. Qui n’aurait pas mérité une party, après ça ?

Ce n’était pas la seule raison, cependant.

Mais elle ne voulait pas y penser, pour l’instant.

— Anne !

Elle escalada les rochers, s’arrêta un moment à mi-chemin et sentit à nouveau cette douleur au pied.

Une fois au sommet, elle l’examina. Une algue de cinquante centimètres de long était restée collée à l’un de ses mollets. Elle l’enleva. Elle était gluante.

— Ah, voilà notre petite sirène, dit Andy.

— Donnez-moi un verre.

— As-tu déjà vu une plus belle soirée ?

— Donne-moi ce verre.

Fredrik Halders était assis sur un canapé dont il ne se souvenait pas, lors de sa visite précédente. Il parcourut cette maison du regard et se sentit plus étranger que jamais en ces lieux.

Aussitôt après le divorce, il avait éprouvé un sentiment d’irréel. Il avait l’impression de se mouvoir dans un rêve. Tout lui était familier et pourtant il ne reconnaissait rien. Il n’osait pas toucher les objets, se sentait en dehors de tout cela. Il était spectateur de sa propre vie, c’était du moins l’impression que cela lui faisait. Son divorce avait eu pour résultat qu’il s’était retrouvé en marge de sa vie et les choses ne s’étaient pas arrangées depuis.

Peut-être était-ce la raison pour laquelle il était tellement en colère, ces dernières années. Furieux. Il s’était réveillé furieux, s’était couché furieux et avait été encore plus furieux entre les deux. On pouvait sans doute aller jusqu’à dire que cela lui faisait mal de vivre.

Mais ce n’était rien.

Rien à côté de cela.

Hannes et Magda dormaient. Magda avait sangloté jusqu’à finir par s’endormir. Hannes fixait obstinément le mur. Pour sa part, il s’était efforcé de leur parler de… de… De quoi avait-il essayé de leur parler ? Il l’avait oublié.

Il était maintenant plus de minuit. La porte de la terrasse couverte était restée ouverte et laissait pénétrer des odeurs en provenance du jardin dont il n’avait nul souvenir. Dans l’encadrement de la porte, il voyait le visage d’Aneta Djanali, éclairé par la lampe qui se trouvait sur l’étagère de gauche.

— Tu ne veux pas sortir ?

Il secoua la tête.

— Il fait beau, dehors.

— Je vais chercher une bière, dit-il en passant dans la cuisine.

— Le jour ne va pas tarder à se lever, dit Aneta, une fois qu’il fut sorti, en allant s’asseoir sur le banc, le long du mur.

Il but en regardant le ciel. Il faisait déjà bien assez jour pour lui. S’il avait pu arrêter le temps, il l’aurait fait maintenant. Que les ténèbres soient. Ténèbres et repos éternels. Plus d’enfants qui se réveillent avec leurs souvenirs, le matin. Avec l’immensité de la vie devant eux. Sometimes I feel like a motherless child, pensa-t-il. C’est exactement ce qui lui vint à l’idée, avant de songer à Margareta.

Il but à nouveau et regarda sa collègue – et amie – de l’autre côté de l’espace découvert.

— Tu ne veux pas rentrer chez toi, maintenant, Aneta ?

Il distinguait sa silhouette, mais rien d’autre. Si les circonstances n’avaient pas été celles qu’elles étaient, il en aurait plaisanté, comme toujours, en disant que sa peau noire se distinguait mal sur le fond de la nuit. Mais pas maintenant.

— Aucune importance, dit-elle.

— Je n’ai besoin de rien.

— Je sais.

— Tu peux rentrer chez toi te reposer. Tu travailles, demain matin, non ?

Il ne vit pas si elle hochait la tête.

— Tu te lèves de bonne heure ? demanda-t-il.

— Oui. Mais je n’ai pas besoin de beaucoup de sommeil.

— Moi non plus.

Il finit sa bouteille de bière et la posa sur la table.

— Alors, on peut rester ici encore un moment.

— Oui.

Elle le vit passer une main sur son visage. Elle entendit un bruit, puis un autre, peu après. Elle se leva et vint s’asseoir près de lui, sur le banc, en glissant le bras autour de ses épaules, dans la mesure du possible. Il tremblait, mais légèrement, seulement.

— J’ai besoin de bosser.

Ils étaient toujours assis sur le banc, mais c’était le matin, car il était un peu plus de trois heures. La lumière était revenue. Les ombres formaient comme de petites baies sur le visage de Halders, où elles étaient venues se déposer au cours des dernières heures. Il avait des pellicules sur le front. Ses cheveux courts avaient l’éclat de l’acier. Aneta Djanali entendait le cri des mouettes. Une voiture passa sur la route, de l’autre côté de la haie. De petits oiseaux, peut-être effrayés par les mouettes, s’envolèrent brusquement d’un buisson. Elle reconnaissait cette lassitude. Elle viendrait plus tard, au cours de l’après-midi, dans la voiture, à l’aller et au retour, dans la chaleur.

— Tu comprends ce que je veux dire ? demanda Halders en se tournant vers elle avec un petit filet de sang dans l’œil gauche. Pas pour… échapper à tout ça. Pas de cette façon-là, ajouta-t-il en se frottant le front puis le nez. Je crois que ça vaut mieux… pour tout le monde. Que je travaille.

— Si tu en as la force.

— Pourquoi ne l’aurais-je pas ?

Elle haussa les épaules.

— Tu trouves que je ne vois pas assez clair en moi-même ?

— Non.

— Tu estimes que je ne pense pas assez aux enfants ?

— Oh non.

Halders passa à nouveau la main sur son visage. Elle entendit le petit bruit de ses poils de barbe qui faisaient maintenant l’effet d’être plus longs et plus durs que ses cheveux coupés court.

— Il faut qu’on retrouve une vie normale le plus vite possible, dit-il en donnant l’impression de chercher de l’aide quelque part à l’horizon. L’important est qu’on essaie tous de revenir à la normale aussi vite que possible.

Pas sans vous être effondrés complètement, d’abord, se dit Aneta Djanali. Et ça ne va pas tarder.

Winter continuait à fouiller dans les deux bibles, l’une grosse, l’autre mince.

Il avait demandé à Bergenhem d’en prendre connaissance, lui aussi. Lars Bergenhem était un jeune enquêteur de qualité, qui était revenu après un congé de maladie pour anémie et migraines. En réalité, Winter savait de quoi il s’agissait. Les policiers étaient sujets à la déprime, eux aussi.

Parfois je me demande si je n’en fais pas une, également. Je ne suis pas toujours d’excellente humeur. C’est peut-être la chaleur, à moins que ce ne soit cette affaire dont il est difficile de se laver, le soir, dans l’eau de mer.

Ils partirent pour le parc dans la Mercedes de Winter, après avoir mis l’air conditionné. Les rues étaient presque désertes.

— Je viens ici de temps en temps, dit Winter, une fois qu’ils furent sur place.

Les arbres étaient immobiles et on voyait à peine le bloc de rochers. Le périmètre de sécurité était toujours en place. Celui qui ne fait pas très attention pourrait croire qu’il s’agit d’une opération de reboisement, se dit Bergenhem. Il est vrai que c’est une opération… mais pas du même genre.

Il voyait les enfants qui se baignaient dans le bassin et les flamants roses qui les observaient, perchés sur une patte.

— Je suis venu ici de temps en temps, ces dernières années, poursuivit Winter en balayant l’endroit du regard. Tu comprends ce que je veux dire ?

— Oui.

— Quoi donc ?

— Le meurtrier revient toujours sur le lieu de son crime.

Winter hocha la tête et vit deux jeunes filles passer en jetant des coups d’œil rapides sur Bergenhem et lui, devant le ruban rouge et blanc.

— Il est venu ici au moins autant de fois que moi, dit Winter. C’est comme ça. Il est venu ici.

— Peut-être en même temps, compléta Bergenhem.

— Non, je m’en serais aperçu.

Il n’y a plus qu’à continuer, pensa-t-il. C’est comme ça.

Après le meurtre de Beatrice, il était venu là printemps, été, automne et hiver. Pas tout le temps, bien entendu, mais parfois le soir et le week-end, voire la nuit.

Un soir, tard, il avait vu une ombre, près du bloc de rochers. Il s’était approché le cœur battant et s’était retrouvé face à face avec Birgersson, quand l’ombre s’était retournée.

En plus, il n’ignorait pas que Halders venait également.

Il ne pensait pas qu’ils éloignaient qui que ce soit de cet endroit. Ils n’arpentaient pas le parc, l’arme au poing et à plusieurs de front, dans la vive lumière du coucher du soleil.

— C’est Jeanette qui constitue notre meilleure chance, dit Bergenhem. La fille qui a réussi à lui échapper.

— Il l’a peut-être fait exprès.

— Quoi ? De la laisser s’échapper ?

Winter eut un geste du bras qui signifiait : peut-être.

— Si c’est lui, elle l’a vu, l’a entendu, l’a reconnu.

— Oui.

— Une sorte de ritournelle sans aucun sens.

— Mmm.

— Elle a dit qu’il débitait une ritournelle sans aucun sens. La même chose à plusieurs reprises. Elle croit qu’il l’a répétée trois fois.

— Oui.

— Au cours du viol.

— Oui, assura Winter en voyant les jeunes filles qui étaient déjà passées devant eux revenir, chacune avec son cornet de glace, et observer à nouveau le périmètre de sécurité avec curiosité. Elles s’arrêtèrent un peu plus loin et s’assirent dans l’herbe.

— Il y a peut-être autre chose, dit Bergenhem.

Winter regarda les jeunes filles. Les glaces avaient l’air d’être bonnes. Par une chaleur pareille, c’était bien d’avoir des glaces et des boissons fraîches.

— Elle se rappelle peut-être autre chose, maintenant.

— Je vais la voir demain matin, dit Winter. À dix heures.

Bergenhem approcha des arbres et s’appuya contre eux. Quand il reprit la parole, sa voix était assourdie par les rochers et les arbres.

— Sur quelle distance crois-tu qu’il a dû les traîner ?

— Dix mètres.

— Est-ce que Beatrice Wägner a laissé des traces sur le sol, elle aussi ?

— Oui.

— Et Jeanette ? Elle a été tirée par-là, également ?

— On en parlera demain. Jusqu’à présent, elle affirme ne pas s’en souvenir, parce qu’elle s’est évanouie.

Winter regarda dans l’autre sens et vit que les jeunes filles avaient disparu.

— On prend une glace ?

Bergenhem vint le rejoindre.

— D’accord.

Ils contournèrent le bassin pour gagner le kiosque du marchand de glaces. À cet endroit, on entendait moins le bruit des enfants qui se baignaient. Un couple de l’âge de Winter passa devant eux à toute vitesse, sur ses rollers. Sur la pelouse, un homme vendait des ballons. Trois personnes faisaient la queue devant le kiosque.

— C’est moi qui paie, dit Winter.

Ils revinrent sur leurs pas avec leurs cornets. Les glaces commençaient à couler.

— On aurait dû prendre une coupe, plutôt, dit Bergenhem.

Ils s’arrêtèrent sur l’herbe, qui avait une odeur sèche et semblait fragile, avec ses taches jaunes et vert clair.

— Pourquoi a-t-il tenté d’étrangler Jeanette ? demanda Winter au bout d’un petit moment.

— Mais encore ?

— Elle ne portait pas de ceinture dont il pouvait se servir… comme il l’a fait avec les deux autres, Beatrice et Angelika, mais il avait apporté quelque chose lui-même… une laisse, d’après elle, il en avait apporté une mais il ne l’a pas étranglée. Il ne l’a pas mise à mort.

— Tu supposes que c’est le même homme qui a tué Beatrice et Angelika.

— Oui, pour l’instant en tout cas.

Winter sentit la délicieuse sensation de froid de la glace sur ses doigts.

— Le même homme, répéta Bergenhem, à cinq ans d’intervalle.

— Oui.

— Qui a utilisé la ceinture de ses victimes.

— Oui.

— Est-ce qu’Angelika en portait une ?

— D’après Beier, elle en avait une pour tenir son short. J’ai vérifié ensuite auprès de ses parents, qui me l’ont confirmé.

— Il n’empêche qu’elle a disparu.

— Oui.

— Comme celle de Beatrice Wägner.

— En effet.

Anne se baigna une dernière fois, imitée par Andy. Le reste de la bande chanta une chanson sur le coucher du soleil ou à l’intention de celui-ci. Elle avait la tête qui tournait un peu, à cause des deux verres de vin qu’elle avait bus. Mais le contact de l’eau, qui paraissait plus fraîche qu’une ou deux heures auparavant, lui éclaircit les idées.

Le soir, toute la bande souhaitait sortir et elle s’en réjouissait à l’avance. Il n’en était pas toujours ainsi. Une ou deux fois, elle était restée chez elle. Elle n’était pas sûre que sa mère approuve cela. Celle-ci avait dit que ce serait bien qu’elle reste chez elle un soir, mais Anne n’était pas certaine qu’elle parle sérieusement. Elle avait l’impression que sa mère désirait qu’elle sorte autant que possible pour s’amuser, au cours de cet été qui suivait la fin du lycée et qui était donc le dernier de ce genre pour elle. Le dernier été. N’y avait-il pas un film qui portait ce titre-là ?

Une ou deux fois, elle était rentrée directement à la maison.

Encore deux, et cela suffirait ainsi.

Elle n’aurait jamais dû faire cela. Si quelqu’un lui avait posé la question, elle n’aurait même pas pu dire comment cela s’était passé.

Mais ce n’était rien.

Elle s’essuya rapidement, car elle avait un peu froid, maintenant que le soleil était tout rouge.

Bien que le vent ait cessé de souffler, quand ils rentrèrent chez eux, il faisait un peu frais, dans la campagne.

En ville, en revanche, la chaleur s’était accumulée entre les maisons. On avait l’impression de pénétrer dans une de celles-ci, après avoir traversé les champs à bicyclette.

Ils s’arrêtèrent dans l’Avenue, mirent les antivols à leurs vélos et prirent place à la terrasse d’un café, comme d’habitude.

— Demis pour tout le monde, lança Andy à la serveuse.

— En fait, on devrait filer d’abord à la maison pour prendre une douche, dit-elle. C’est plus agréable, comme ça.

On leur apporta leurs bières. Ils étaient cinq autour de la table. Comme après le boulot, commenta-t-elle.

— C’est un boulot de lézarder toute la journée au bord de la mer, dit Andy en buvant et souriant de toute la blancheur de ses dents. Comme ça, tu as double plaisir. On boit une bière en se relaxant ; ensuite tu rentres chez toi prendre ne douche et te préparer ; ensuite on revient ici.

Quelqu’un éclata de rire.

Son portable se mit à sonner. Elle appuya sur la touche et entendit la voix de sa mère. Oui. Elle n’allait pas tarder à rentrer. Dans une demi-heure. Oui. Sortir ce soir. Elle leva les yeux au ciel à l’intention des autres. Andy tendit la main en direction de la serveuse, qui passait devant eux en ondulant des hanches, portant un plateau de bières destiné à une autre bande. Andy allait peut-être rester là toute la soirée. Il n’avait jamais besoin de se préparer. Il n’avait jamais l’air d’en avoir besoin.

— C’était ma mère, dit-elle en remettant le potable dans la poche de son sac à main.

— Ah.

— Je vis seule, mais il faut quand même qu’elle sache toujours ce que je fais.

La serveuse déposa une nouvelle bière devant Andy.

— Tu restes là, toi, bien sûr, dit-elle.

— À la tienne.

— Je file.

— Tu es sûre, pour ton portable ?

— Sûre de quoi ?

— Que tu l’as verrouillé.

— Oui oui, répondit-elle en sortant cependant l’appareil pour vérifier. Il est verrouillé.

— Plus de plaisanteries douteuses, hein, si tu veux bien, dit Andy en buvant et souriant à nouveau de toutes ses dents blanches.

Elle avala la dernière gorgée de son verre, leur fit un signe de la main, regagna sa bicyclette, défit l’antivol et partit. Il y avait de plus en plus de monde ; de véritables caravanes qui montaient et descendaient l’Avenue. On aurait dit que la chaleur s’était intensifiée. Anne attendait sa douche avec impatience.

Son portable se mit à sonner et la mention APPEL s’afficha, mais il n’y avait personne au bout du fil quand elle répondit. Elle vérifia le verrouillage et remit l’appareil dans son sac.

Plus de plaisanteries douteuses. Quelques jours auparavant, Andy et elle étaient dans les bras l’un de l’autre – et avaient peut-être fait un peu plus que ça – et l’un d’entre eux avait touché l’appareil de telle façon que le verrouillage avait sauté, à supposer qu’il ait jamais été mis. La touche 3 s’était enfoncée. Quand ils avaient couché ensemble, ensuite, tous leurs bruits et propos avaient été enregistrés sur le répondeur de ses parents, parce que le 3 était leur numéro abrégé. Pour comble de malheur, sa mère était chez elle, à ce moment-là, et elle avait écouté le répondeur.

Plaisanterie douteuse, en effet.

— Pourquoi as-tu un numéro abrégé de chez toi, alors que la maison est toujours vide ? lui avait demandé Andy.

— Elle n’est pas toujours vide, avait-elle répondu. On peut avoir besoin de se téléphoner à soi-même. On peut avoir envie de joindre quelqu’un rapidement.

— On peut mettre un numéro de téléphone dans une lettre et se l’envoyer à soi-même, avait plaisanté Andy. Rikki don’t loose that number. Steely Dan.

Elle obliqua pour prendre la piste cyclable vers l’ouest. Sur l’Allée, il faisait un peu plus frais. Elle sentit une bonne odeur de nourriture en provenance du restaurant Storan.

Je voudrais que cela ne finisse jamais
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